A propos du flamant rose

A n’en pas douter, le Flamant rose est, avec le taureau et le cheval Camargue, une figure incontournable du paysage camarguais.

Mais que lui vaut son statut de star ?

 

Un champion de longévité

Flamant rose © A. Johnson

Il semblerait que sa popularité se nourrisse autant de son beau plumage que de son physique atypique. En effet, les flamants roses, Phoenicopterus roseus, sont singuliers par leurs mœurs et leur anatomie. Ces oiseaux de grande taille peuvent vivre très longtemps, en fonction de facteurs individuels (sexe, âge) et environnementaux. Par exemple en Camargue, le Flamant ANN, bagué en 1977 sur l’étang du Fangassier en Camargue, a été observé le 28 mai 2020 aux Salins d’Aigues-Mortes, ce qui fait de lui, à 43 ans, un des plus vieux flamant sauvage connu. Ce n’est pas le seul, trois autres individus du même âge ont été également observés cet été (AVY, BUD et BXX). Mais ces oiseaux exceptionnels n’ont surement pas dit leur dernier mot puisqu’en captivité, le record de longévité est de 83 ans.

 

Un drôle de bec

La forme et la taille de son bec, ainsi que sa façon de se nourrir sont tout à fait particulières. Pour attraper son repas constitué en grande partie de toutes petites proies (invertébrés), le flamant rose utilise son bec, muni de lamelles qui en recouvrent les bords. Comme pour la baleine, ces appendices permettent de filtrer l’eau et coincer les invertébrés qui s’y trouvent pour se nourrir. Mais le flamant a plus d’un tour dans son sac. Il est également l’un des seuls à pouvoir vivre et se nourrir dans des zones très salées que ne fréquentent pas les autres espèces. Cette prouesse est possible grâce à la présence d’une glande qui lui permet d’évacuer le sel par les narines.

 

Le rose, une couleur inhabituelle

Sa couleur rose est extrêmement rare dans le monde animal. Pour ce faire, les flamants convertissent les pigments de carotène contenus dans leur nourriture (crustacés, algues et invertébrés) en une belle teinte rose. Cette couleur, qui fait la renommée de cette espèce, évolue avec le plumage de l’animal. En effet, les poussins naissent gris. Après un an, ils obtiennent progressivement un plumage nuancé de gris, de blanc et de rose. Et c’est seulement à l’âge de 4 à 7 ans que les flamants acquièrent leur parure adulte où le rose domine.

Flamant rose © D. Cohez

Jamais sans sa bande

Vous verrez rarement un flamant rose seul. Cet oiseau au comportement grégaire se regroupe avec de nombreux congénères. Les flamants roses se reproduisent en colonies de plusieurs centaines à plusieurs milliers d’individus. Un îlot entouré d’eau (salée ou saumâtre), est une condition indispensable pour permettre aux flamants de se reproduire et de nicher sans craindre les prédateurs. Le Flamant est d’ailleurs une des rares espèces à élever ses poussins en crèche.

Colonie © A. Arnaud

Études scientifiques menées par la Tour du Valat

Depuis sa création, la Tour du Valat mène un programme d’études sur les flamants. En 1977, l’institut met en place un programme de recherche et de baguage des flamants roses.

Pour en savoir plus sur l’origine du programme de recherche et baguage des flamants roses à la Tour du Valat : Success story des flamants.

Aujourd’hui, le suivi de la population flamants s’effectue au niveau de l’ensemble de la Méditerranée. L’étude de leur dispersion permet de connaître les échanges au niveau de la population globale de flamants roses. Cette expérience est emblématique de l’action de la Tour du Valat qui tente d’apporter à l’effort de conservation les fruits de la recherche scientifique. C’est notamment grâce à des mesures de conservation sur le terrain que cet oiseau est aujourd’hui une espèce emblématique de la Camargue.

Baguage des flamants roses © H. Hôte

Pourtant, cette réussite n’aurait sans doute pas eu lieu si ce programme de conservation ne s’était pas appuyé sur un travail de recherche scientifique rigoureux et de haut niveau. Inféodés aux lagunes d’eau saumâtre et salée de faible profondeur, les flamants sont vulnérables. Des menaces pèsent sur la plupart des zones humides dont ils dépendent : transformations, drainage, pollution, sports nautiques, etc. Ainsi, dans la région méditerranéenne, la survie du Flamant rose dépend des mesures de conservation efficaces prises sur les sites des autres colonies de reproduction et sur les lieux de halte migratoire.

Flamants roses © Jean Jalbert

Plus d’informations sur le projet de suivi de la dynamique des populations des flamants roses.

Sources : Le flamant rose, ambassadeur des zones humides, Anne-Sophie Deville

 

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